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On me dit d’arrêter d'y penser, de ne plus vivre dans le passé. J'aimerai y arriver croyez moi mais j'y pense encore. Surtout à cette histoire car elle a durée plus de 4ans, qu'elle s'est finit il y a 6 mois, qu'elle m'a changée.
J'y pense encore avec du recul mais surtout avec beaucoup de honte, de colère et de peine.  
Je crois que mon entourage ne sait pas vraiment ce que j'ai vécu. J'essaye d'en parler mais j'en parle mal, je crois qu'ils ne savent pas le nombre de fois ou j'ai voulu partir sans en avoir le courage. Oui j'ai enduré beaucoup de choses dans cette relation et j'aimerai les mettre à plats, me décharger de tout ça...Mais je le fais avec beaucoup de difficultés.
Quand j'écris tout ça je m'en veux. Je m'en veux de cette relation, je m'en veux de me victimiser, je m'en veux d'avoir été si soumise, je m'en veux d'en reparler. Je me dis que j'exagère, que c'était pas si terrible que ça et puis je repense a des actions, des mots, des douleurs et je me dis que j'aurai du partir bien avant. 
On m'avait prévenu pourtant assez tôt; Je parlais déjà dès les premiers mois d'une relation devenue toxique mais j'avais l'espoir qu'elle évolue positivement, qu'en changeant d'environnement ça changerai sa façon de faire, quand changeant d'habitudes ça l'aiderai. Je croyais naïvement que ses mauvais cotés étaient du à son mal être...et finalement j'avais un peu raison : c'est un homme qui n'a jamais cessé d'être malheureux. Il avait vécu une vraie enfance de merde et il s'en était sorti tant bien que mal. 
Mais tout n’était pas si limpide; Il avait beaucoup d'humour, un sourire à tomber, un rire à se tordre. Il savait tout faire de ses mains, vraiment tout, un constructeur de l’extrême. Il rêvait de voyages comme moi, de campagne et d'animaux...Quand je m'attachais a ses petites parts de cristal le tableau devenait moins sombre mais en réalité j'étais dans le brouillard total. Je l'excusais de tout car je me disais qu'il avait de nombreuses carences du à son enfance et que c'était normal qu'il vive, adulte, des moments compliqués, des moments "hors de lui". Je l'excusais en me disant qu’il n’était pas lui même; Son visage, sa voix, son attitude changeait, après tout peut être que c'était vrai. Je l'excusais car je sais qu'il n'aimait pas ce qu'il était, qu'il s'en voulait. Je l'excusais et je l'excuse encore.
Mais voilà, il m'a fait endurer beaucoup de choses et finalement je restais car l'amour était encore là. J'étais mal, j'ai pleuré mille fois sans qu'il ne réagisse mais je restais parce-que je l'aimais. J'ai des écrits qui remontent de Clermont Ferrand qui expliquent mon mal être: Lors de mon 21ème anniversaire je me faisais insulter de salope car j'avais le malheur de parler à d'autres hommes. J'étais un peu grosse selon lui mais j'avais des gros seins alors ça allait. D'autres soirs on buvait et il partait en voiture toute la nuit, me laissant seule à m’inquiéter, sans répondre au téléphone. Mais je restais car je l'aimais. On a eu des cochons dindes et un lapin qui sont mort sous ses gestes. Je me suis chopée un staphylocoque doré sur le menton, on croyait que c'était du aux cochons dindes justement et puis une de mes profs m'avait dit que c'était ma fatigue, mon mal être qui ressortait et je m'étais moqué ! Mais en y repensant elle avait peut être pas tord. 
Parfois je revenais voir des amis sur Grenoble qu'il refusait de rencontrer "car "ils avaient tous vus ma chatte". Il avait cependant rencontré ma famille deux/trois fois mais mes parents ne l'aimaient pas beaucoup. Il faut dire qu'un gendre sans formation, sans emploi, sans ambitions ça inquiète un peu. Je le voyais chercher du travail mais il était exigeant, il ne voulait pas faire un "travail de merde" et dans ce qui lui plaisait, il essuyait les refus tout en refusant de faire des formations. A Grenoble mes amis me disaient de le quitter, que je méritais mieux. J'en parlais beaucoup au début et puis après j'évitais le sujet car je ne voulais pas qu'on parle mal de lui, car je ne voulais pas le quitter, car je l'aimais.
Le temps filait. Je dormais bien mais je pleurais beaucoup, j'avais peur que tout ce que je fasse soit mal interprété et à la fois je me sentais très naturelle en sa présence. Parfois il me disait que je m'habillais trop court, trop troué, trop noir alors je m'habillais différemment que d'habitude. Peu à peu ma personnalité s’effaçait sans que je m’en rende compte. On me proposait de sortir et je disais non car je ne voulais pas d'une nouvelle dispute; J'ai commencé à perdre des amis, j'ai commencé à abandonner ma formation mais je restais car je l'aimais. On me disait à mon stage que j'avais l'air fatiguée. J'étais devenue hypersensible, dès que je parlais de moi je pleurais. Les insultes continuaient, les rigolades aussi, les pleures et puis les rires. De temps en temps on allait se balader en montagne et c'était génial. Je prenais pleins de photos, on découvrait de nouveaux paysages, on partageait vraiment quelque chose ensemble et puis ça recommençait: les "salope", les "tu sais rien faire", les "je t’empêche pas de voir tes potes", les "alors t'es allé sucer qui ?" Mais je l'aimais. Comme il le disait si bien il était mal dans ses grandes cages à lapins pour humains, il avait toujours vécu en campagne, il voulait retourner en Bretagne. Après tout il avait quitté sa région pour moi, il avait quitté sa famille d'accueil, ses amis et tout ça pendant 1an ! Qui n'aurait pas explosé suite à ça ? Alors il a finit par repartir. J'aurai pu me délivrer à ce moment là, j'aurai pu dire stop, c'était l'occasion rêvé...mais non, telle une idiote je me suis accrochée car je l'aimais.  
Il est retourné en Bretagne, dans le petit village ou il a toujours vécu; je suis restée seule à l'appartement en cherchant des réponses à mes questions. Il me manquait, la solitude me bouffait, je ne savais pas comment continuer cette relation et finalement j’avais juste à faire un choix : soit je le rejoignais, soit on se séparait. Vous vous doutez de la suite. 
Je suis allé voir mon directeur, ma référente et je leur ai annoncé que j’arrêtais la formation, que je demandais une suspension. J’étais fière de moi sur le moment car j’avais le sentiment que pour la première fois je faisais un choix qui venait vraiment de moi. Lorsque je l’ai annoncé à mes parents c’était l’apocalypse. J’étais devenue une enfant indigne, inconsciente…Ma mère lui avait même envoyé des messages pour lui dire de me laisser tranquille. Mais j’étais décidée. 
A cette époque j’ai vraiment tout plaqué pour lui: j’allais quitter mes amis de Clermont Ferrand, mon premier appartement, ma formation. Je me lançais dans l’inconnu par amour et surtout, je partais loin, bien loin des miens.
Lorsque je lui ai dit que je venais le rejoindre, Monsieur m’a dit qu’il ne savait pas si c’était une bonne idée, que je devais pas stopper mes études, qu’il était même plus sur de m’aimer…et puis moi j’ai foncé dans le mur, comme une grande. 
Quelques semaines après il m’annonçait qu’il venait avec un ami et un camion pour déménager mes meubles. L’aventure commençait.

 

 

(la suite arrive)